Les vieilles tiges de l'aviation belge

Squadron Leader Léon Prévot

Léon Prévot est né à Tours (Indre et Loire) le 6 janvier 1916. Ayant terminé ses humanités scientifiques, il s’engage comme élève-pilote le 7 mai 1934 et rejoint l’Ecole de pilotage à Wevelgem

Breveté le 31 août 1935, le sergent-pilote Léon Prévot est affecté initialement au 1er Régiment d’Aéronautique sur Fairey-Fox avant de passer, le 18 août 1936 au 3ème Régiment d’ Aéronautique, toujours sur Fairey-Fox.

 Le 30 octobre 1937, il réussit les épreuves de sous-lieutenant de réserve et dans le cadre de sa formation d’officier, il suit les cours de l’Ecole d’observation. Le 6 mars 1939 il rejoint à nouveau l’Ecole de pilotage, cette fois comme élève-moniteur. Il obtiendra la qualification le 1er février 1940. Le 10 mai 1940, au moment de l’agression nazie, Léon Prévot est moniteur à la 3ème Escadrille de pilotage de Deurne (Anvers).

Le 12 mai toutes les escadrilles de l’école de pilotage reçoivent l’ordre de se replier sur la France. La destination finale sera la base de Caen-Carpiquet où toute l’école se trouve réunie le 20 mai 1940, date à laquelle elle reçoit l’ordre de faire mouvement vers le Maroc. C’est à bord du «David Livingstone» qu’il rejoindra l’Angleterre où il débarque à Cardiff le 5 août 1940.

Le 14 août il est incorporé dans la Section belge de la RAF au dépôt de St Athan au moment où la Bataille d’Angleterre entre dans sa phase décisive. Léon Prévot rejoint l’OTU Blenheiin N°1 à Silbath (Prestwick) où il découvre les subtilités du vol sur bimoteur et les exigences du vol en équipage !

Le Pilot Officier Léon Prévot rejoint le 21 septembre 1940 le 235 Squadron du Coastal Command à Bircham Newton. Le squadron est engagé dans des missions de protection de convois et de reconnaissance au-dessus de la Mer du Nord. Le séjour de Léon Prévot au sein du Coastal Connnand sera cependant de courte durée. En effet, une école de pilotage franco-belge a été mise sur pied à Odiham. Le 21 octobre 1940, Léon Prévot s’y retrouve comme moniteur. Le 1er décembre Léon Prévot est nommé Flïght Commander. Mais l’école de Odiham aura une existence éphémère, et le 23 juin 1941, il rejoint un OTU Spitfire à Grangemouth

Après un passage par le 123 Squadron (post OTU Sqn) où il peaufine la formation reçue, Léon Prévot est affecté le 10 août 1941 comme pilote de chasse au 64 Squadron.. Rapidement Léon Prévot a su se faire apprécier, son expérience a été reconnue et dès septembre 1941 il est nommé Flight Commander. Le 4 mai 1942, il est nommé Squadron Leader et passe au 122 Squadron dont il prend le commandement.

Le 30 juin 1942, il est porté disparu. Blessé, il rejoint Bruxelles où des amis le cachent et le soignent pendant une vingtaine de jours. Après quoi il parvient en passant par Charleroi, Namur et de nouveau Bruxelles à trouver un organisme qui l’aide à rentrer en Angleterre.
C’est grâce au réseau d’évasion «Comète» que Léon Prévot parviendra en compagnie de quatre autres aviateurs alliés à traverser la France, les Pyrénées et à prendre contact avec le Consulat britannique à Bilbao qui assurera son rapatriement vers l’Angleterre.

Le 15 octobre 1942 il est repris en force au dépôt RAF N0 1 de Uxbridge. Le 30 octobre 1942 il est honoré de la Distinguished FIying Cross avec la citation suivante:

«Has completed a large number of operational sorties as a flight and squadron commander, and his skillful leadership has been a source of inspiration to his pilots. He has destroyed at least 3 and probably destroyed a further 2 enemy aircraft»

Dès le 5 novembre 1942, Léon Prévot reprend contact avec la vie opérationnelle en étant affecté au 65 Squadron de Drem et le 21 novembre il est désigné comme CO du 197 Squadron. Le 14 juin 1943 il passe à l’OTU comme moniteur sur Typhoon I. Le 28 décembre il succède au Squadron Leader Albert Houssa à la tête de la 350 dotée du Spiffire IX, elle opère à partir de Hornchurch

Le 24 mars 1944, il passe à l’Etat-Major de l’Air Defence of Great Britain, ensuite à l’Inspectorat de la RAF — Section du training Command. Il y restera en fonction jusqù’au 24 février 1945, date à laquelle son passé de moniteur le rattrape une nouvelle fois: il est désigné pour la RAF/Belgian Training School de Snailweil en fonction de commandant du Flying Wing.

En octobre 1945 il passe à l’Inspectorat de la section belge de la RAF, puis en janvier 1946 il est désigné comme officier de liaison auprès de l’Air Ministry et à ce titre y prépare la constitution du wing belge qui doit réunir les 349 et 350 Squadrons.

Le 10 juin 1946 il rejoint le 160 (Belgian) Wing en cours de formation au sein du 135 Wing à Fassberg, comme adjoint du Wing Commander Daniel Le Roy du Vivier. Il lui succédera comme commandant du wing en juillet 1946 et aura ainsi l’honneur de ramener nos deux escadrilles à Beauvechain le 24 octobre 1946. Le Wing Commander Prévot assumera le commandement du «A » Wing de Beauvechain jusqu’en mars 1947.

Le major Prévot occupera différentes fonctions tant au sein des unités d’entraînement que des unités opérationnelles ainsi qu’en Etat-Major. Citons entre autres ses fonctions de commandant de l’EPE, 1’EPA, d’OSN du 10 W Ch B (F84E), d’OSN du 7 W Ch (Meteor F8), du Chef du Service d’Etudes et de Prévention des Accidents à l’EM FAé. Du 1er février 1955 au 31 décembre 1957 il sera détaché en Grande-Bretagne auprès de l’Air Ministry comme directeur-adjoint de la prévention des accidents. Léon Prévot terminera sa carrière comme officier d’opérations auprès de l’Air Ops Division du QG Air Cent.

Il sera admis à la retraite le 1er janvier 1964. Léon Prévot est décédé le 28 avril 1994.